Chernobyl : la série qui atomise tout.

7 septembre 2019

26 avril 1986. La réacteur 4 de la centrale Lénine à Tchernobyl explose. HBO retrace en cinq épisodes ce qu’a été cette catastrophe mondiale.

Une série en deux temps

La série commence comme un film catastrophe révélant la cascade d’événements techniques et de défaillances humaines qui ont conduit au drame. Chaque épisode met en avant une personne ou un groupe de personnes dont les vies ont été bouleversées de façon irrémédiable le 26 avril 1986. C’est la force de la série de s’attacher à l’humain. De cette femme qui recherche son mari pompier, aux militaires qui tente d’enrayer la propagation de la contamination, de ces mineurs qui creusèrent un tunnel sous le réacteur ou de ces hommes qui s’enfoncèrent dans la centrale détruite pour ouvrir une vanne, la série s’attache à relater les faits à échelle humaine.

Mais la série est aussi un remarquable réquisitoire sur le mensonge politique. Elle se focalise sur les manquements de l’état soviétique. Incompétences des techniciens, ambitions des superviseurs qui ont ignoré les protocoles de sécurité, lourdeurs bureaucratiques qui ont enrayé les mesures visant à limiter les dégâts et surtout culture du secret de l’état pour dissimuler la vérité et ne pas perdre la face au plan international.

La série démolit la machine soviétique et salue le courage et l’héroïsme des hommes et des femmes qui ont vécu la catastrophe.

La réalité malmenée ?

Si les faits seuls suffisent pour hérisser les poils, on peut se poser la question du rapport à la réalité de la série. Doit-on la voir comme une série historique proche du documentaire ou bien comme une fiction.

La revue « Science et Avenir » s’est penché sur le réalisme de la série et ne relève que très peu d’inexactitude. (Lire l’article ici)

Dans le même temps le magazine « Forbes » souligne que la représentation de la réalité est inexacte et dangereuse. (Á voir ici)

Peu importe ! le récit de la série est suffisamment glaçant pour nous tenir en haleine et nous faire réfléchir sur la nature humaine.

Des suites géopolitiques

Les médias proches du pouvoir russe dénoncent une série caricaturale et à charge motivée par une « propagande anti-russe ». La chaîne publique NTV annonce d’ores et déjà son propre projet de série. Elle visera à présenter une version « alternative » de la tragédie. Elle reprendra la théorie selon laquelle un agent de la CIA était présent dans la centrale au moment du drame.

Un seul mot d’ordre en conclusion, jetez-vous sur les 5 épisodes de Chernobyl.